Claire Adelfang

« Godard dans Prénom Carmen cite de mémoire Rilke : « La beauté est le commencement de la terreur que nous sommes capables de supporter ». C’est en ce sens qu’il faut entendre cet invisible, cette épaisseur d’invisible qui voile et en même temps fait apparaître. Il est à l’origine de ce travail. Ce constat impose que ces photographies ne sont thématisables que secondairement et qu’elles n’ont pas la dimension de documents au sens d’une trace objective. Certes elles sont des traces et des témoignages mais d’une certaine façon « hantés ». La réminiscence cinématographique ou picturale se loge là, articulant cet invisible, l’ouvrant à d’autres fantômes. » Alain Bonfand.

Avec « Ecrans », la Galerie Thaddaeus Ropac est heureuse de présenter pour la première fois à Salzburg le travail de la jeune photographe française Claire Adelfang, récemment diplômée de l’Ecole Nationale Supérieure des Beaux Arts de Paris. Caractérisée par une singulière puissance d’abstraction et une grande attention portée à la composition et la lumière, la force du regard de Claire Adelfang s’exprime notamment dans le choix d’une mise au point axée sur des éléments précis et surprenant, ne proposant volontairement pas la recherche du confort du regard mais l’expression d’une vision personnelle. Traversant des architectures en ruines dont la dimension cyclopéenne est accentuée par la disparition de l’homme, son regard se porte tantôt sur des éléments végétaux, une nappe d’eau ou encore un accident de l’architecture, pour contredire une perspective qui constituerait un chemin visuel trop simple. Le travail de Claire Adelfang interroge ce conditionnement du regard et ce déterminisme du plaisir esthétique pour proposer une poésie des éléments et un dialogue subtil entre la ruine et ceux qui s’y aventurent. L’artiste invite le spectateur à parcourir l’ensemble de l’image et à refuser l’évidence, pour aborder les chemins latéraux et à première vue dissimulés. Il faut ainsi entrer dans la photographie, s’aventurer sur les chemins de traverse et oser décrypter le sens caché de l’image. Claire Adelfang refuse à la fois une pseudo-objectivité et une unicité des significations afin que le spectateur s’imprègne de sa propre expérience physique et mémorielle.

Claire Adelfang est diplômée en 2010 de l’ENSBA de Paris. Son travail a déjà été exposé dans plusieurs institutions publiques et privées dont l’Institut Culturel Bernard Magrez à Bordeaux dans l’exposition intitulée Rêves de Venise. Son travail photographique à été remarqué notamment pour ses nominations aux Prix Meurice 2013 et prix MasterCard 2013 tandis que son œuvre vidéo à fait l’objet d’une installation dans le cadre de la Nuit Blanche 2013.

Claire Adelfang Alvéole, 2013 Photographie couleur argentique 120 x 120 cm (47.24 x 47.24 in)
Courtesy : Galerie Thaddaeus Ropac, Paris-Salzburg

In „Prénom Carmen“ zitiert Godard aus Rilke: „Denn das Schöne ist nichts als des Schrecklichen Anfang, den wir noch grade ertragen“. Genau so ist dieses Unsichtbare zu verstehen, dieses verdichtete Unsichtbare, das gleichzeitig verhüllt und sichtbar macht. Darauf basiert diese Arbeit. Es bedeutet, dass diese Fotografien im Sinne einer objektiven Spurensuche über keine dokumentarische Dimension verfügen und nur an zweiter Stelle thematisierbar sind. Wenn es dennoch Spuren und Zeugnisse sind, dann sind sie es auf eine « spukhafte »Art und Weise. So manifestieren sich kinematographisch-bildhafte Anklänge, die das Unsichtbare zum Ausdruck bringen und für andere Phantome öffnen. (Alain Bonfand) 

Die Galerie Thaddaeus Ropac freut sich, mit „Ecrans“ erstmals in Salzburg die Arbeit der jungen französischen Fotografin und ENSBA-Absolventin Claire Adelfang vorzustellen. Die von einer einzigartigen Abstraktionskraft und einer großen Konzentration auf Licht und Komposition gekennzeichnete Intensität des Blicks äußert sich bei Claire Adelfang insbesondere in der Wahl einer fotografischen Einstellung auf präzise und überraschende Elemente, um nicht die Wege üblicher Sehweisen zu bedienen, sondern einer individuellen Vision Ausdruck zu verleihen. Durch verfallene Bauwerke, deren Riesenhaftigkeit die Abwesenheit des Menschen noch verstärkt, richtet sich ihr Blick mal auf vegetabile Details, mal auf eine Wasserfläche, mal auf eine Bruchstelle im Gemäuer, um die Perspektive für eine allzu einfache Sehweise zu konterkarieren. Claire Adelfang hinterfragt in ihrer Arbeit den konditionierten Blick und die Determiniertheit des ästhetischen Genießens und bietet dafür eine Poesie der Elemente sowie einen subtilen Dialog zwischen der Ruine und denen, die sich dort hineinwagen. Die Künstlerin fordert den Betrachter auf, das Bild in seiner Gesamtheit zu erfassen und sich vom allzu Offensichtlichen abzuwenden, um das auf den ersten Blick Verborgene aufzuspüren. Es gilt also, sich in die Fotografie hineinzuversetzen und durch Verknüpfungen den versteckten Sinn des Bildes zu entschlüsseln.

Claire Adelfang verweigert sowohl eine Pseudo-Objektivität als auch eine Festlegung von Bedeutungen, damit der Betrachter seine eigene äußere und innere Erfahrung machen kann. 2010 erhielt Claire Adelfang das Diplom der Ecole Nationale Supérieure des Beaux Arts Paris (ENSBA). Ihre Arbeit wurde bereits in mehreren öffentlichen und privaten Institutionen gezeigt, so auch in Bordeaux am Institut Culturel Bernard Magrez im Rahmen der Ausstellung Rêves de Venise. 2013 wurde die Künstlerin mit ihrem fotografischen Werk für den Prix Meurice und den Prix MasterCard nominiert. Ihr Video-Oeuvre war in einer Installation anlässlich der Nuit Blanche 2013 in Paris zu sehen.

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