ART IS HOPE 2014 – une sélection parmi les artistes

L’édition 2014 de ART IS HOPE en faveur du fond de dotation LINK destiné à soutenir AIDES a été soutenue par 140 artistes ayant offert des oeuvres destinées à la vente. C’était une belle occasion pour le public parisien de découvrir dans les salles de PIASA à Paris des artistes encore peu connus en France comme  Rodrigo Matheus, Philip Fürhofer et Emmanuel Bornstein. Oliver Beer a aussi offert un dessin lié à sa récente exposition à la galerie Thaddaeus Ropac. Pour retrouver les autres artistes et partenaires cliquer ici

Sans titre, 2014 Huile sur toile 30 x 30 cm Courtesy : l’artiste
Emmanuel BORNSTEIN 
[ Né en 1986. Vit et travaille à Berlin, Allemagne ] 
En dépit de sa jeunesse, Emmanuel Bornstein est déjà un artiste dont la peinture relève avec fierté et efficacité les fondamentaux de la peinture d’histoire. Celle qui ose évoquer les passions, le genre humain, les fantômes du passé et leur impact sur le temps présent. Sa peinture généreuse et puissante – il était l’élève de Philippe Cognée à l’École nationale supérieure des Beaux-Arts de Paris – investit sans pudeur mais avec beaucoup de psychologie des drames à la fois intimes et universels qui ont marqué le XXe siècle et qui trouvent un troublant écho dans les événements géopolitiques actuels doublés de conflits religieux. La tension figurative chez Bornstein tient dans ses portraits notamment, semblant évoquer l’effacement de la mémoire et les dangers de l’oubli et ce n’est pas un hasard si sa pratique rappelle souvent aux commentateurs ses liens avec Goya ou Otto Dix. En peintre, ce n’est pas seulement en construisant une composition mais plus encore en sculptant le pigment à l’huile à l’aide du pinceau et de la brosse qu’Emmanuel Bornstein crée des images obsédantes dans une palette souvent restreinte, comme pour construire des tableaux dont la puissante lumière fait émerger la tension narrative.
Ohne Titel, 2014 Crayon de couleur et collage photo sur papier 30 x 39,6 cm 
Courtesy : l’artiste et la Galerie Sabine Knust Munich
Philipp FÜRHOFER 
[ Né en 1982. Vit et travaille à Berlin, Allemagne ] 
Formé à l’Universität der Künste de Berlin, Fürhofer s’est déjà fait connaître pour son travail de sculpteur mais aussi de peintre et de scénographe alliant ces disciplines sur plusieurs scènes d’opéras. Les spectacles qu’il a réalisé ont en commun avec ses oeuvres plastiques une grande place accordée à la lumière et à la révélation du subtile jeu qu’elle occupe dans la définition de l’espace, dévoilant son rôle d’actrice principale manipulatrice du récit. C’est par ce procédé que le subtile collage présenté ici est dominé par les couleurs dont les zones d’ombres ou les flamboyances construisent et semblent même orchestrer l’histoire. Dans le registre de l’explosion ou de la coulure il prolonge les couleurs de découpages publi- citaires, fragments de communication émanant de la grande distribution, symboles même du consumérisme, en leur donnant, selon l’interprétation, une certaine joie de vivre ou en en dévoi- lant les débordements. S’agit-il ici de dénaturer ces informations et de donner une dimension décorative aux débris d’un paradis consumériste qui ne semble plus convaincre ? Quelle que soit la signification de la composition, le système semble s’enflammer en plein vol et la couleur tient ici le premier rôle de ce qui relève plus du registre de Melpomène que de Thalie.
Transatlantic Souvenirs, 2014 Enveloppes et cartes postales 36,5 x 20,5 cm
Courtesy : l’artiste et la Galeria Fortes Vilaça São Paulo, Photo © Charles Duprat 


Rodrigo MATHEUS 
[ Né en 1974. Vit et travaille à Londres, Royaume-Uni ] 
Les collages de Rodrigo Matheus, à mi-chemin entre nature morte et ready-made, recèlent, au-delà de leur rigoureuse composition, un puissant pouvoir narratif. Ils évoquent une époque où la carte postale –image standardisée, produite en milliers d’exemplaires– était encore un objet du quotidien. Le texte qui l’accompagnait créait ce lien si particulier avec l’image, rendant chaque document résolument unique. Matheus collecte ces reliques pour leur qualité à la fois banale et leur valeur individuelle et intime et les superpose de la même façon que le temps superpose les souvenirs et l’experience, dissimule ou révèle le passé mais s’en nourrit toujours. «It is all about today» revendique l’artiste. Il prélève et dispose ces categories de souvenirs, ces documents d’archives, témoignages intimes et documents économiques, parfois pièces de collections, avec des objets empruntés à son propre environnement pour témoigner de ce que les micro-experiences du passé semblent en réalité toujours parler d’aujourd’hui. Après des études en architectures expérimentales, Rodrigo Matheus a poursuivi ses études en art, notamment au Royal College de Londres. Cette approche a conduit l’artiste à s’intéresser aux complexes relations qui unissent la société brésilienne et l’Europe ainsi que les individus et leur environnement physique, culturel et économique.
Diabolic Squares 2014 Graphite sur papier 21 x 29,7 cm 
Courtesy : l’artiste et la Galerie Thaddaeus Ropac Paris-Salzbourg

Oliver BEER 
[ Né en 1985, vit et travaille à Londres et dans le Kent, Royaume-Uni ] 
C’est après avoir étudié la composition musicale qu’Oliver Beer s’est tourné vers les Arts Plastiques. Son approche de la création artistique est emprunte de cette écriture et de ces recherches si caractéristiques de l’exercice musical, de l’exploration acoustique et des phénomènes sonores auxquels il donne corps à travers des performances, des sculptures et des vidéos. Les oeuvres d’Oliver Beer sont aussi largement marquées par des éléments autobiographiques qui investissent la plupart de ses pièces. «The Resonance Project» représente un élément essentiel de son travail puisqu’il a très tôt fait entrer en résonance des architectures en recourant à la voix humaine qui est le principal instru- ment qu’il emploie. Ces performances ont été réalisées dans des lieux parfois incongrus tels que des égouts en Grande-Bretagne, un parking de Birmingham mais aussi dans des institutions culturelles telles que le Palais de Tokyo, le Centre Pompidou, le MoMA PS1 et d’autres encore. Plus récemment, Oliver Beer a commencé à construire des «architectures de l’écoute» au moyen desquelles il met en évidence des phénomènes acoustiques particuliers comme l’accord tristan ou le diabolus in musica, respectivement au MAC de Lyon et à la Galerie Thaddaeus Ropac de Pantin. Ce dessin évoque avec subtilité les deux volumes entrant en résonance et qui révèlent la disharmonie des deux tons constituant ce fameux Diabolus in Musica, un accord craint pour sa faculté, croyait-on au Moyen Age, de pouvoir invoquer le diable. 

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