LE HAMEAU DE LA REINE

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Les photographies de Claire Adelfang portent souvent sur la place de l’architecture comme trace de l’activité humaine alors que paradoxalement l’homme en est absent. Cette absence est présente dans la trace que laissent ses photographies. Le Hameau de la Reine à Versailles est au centre de cette nouvelle exposition, où la photographe a su capturer l’âme de ce lieu historique dans une vision profonde et calme. 
Le Hameau de la Reine, véritable village aux toits de chaume inspiré des hameaux de Normandie, est commandé par Marie-Antoinette quelques années seulement avant 1789. Elle aimait y séjourner loin des obligations de la Cour, en privilégiant une vie simple en adéquation avec les écrits de Rousseau prônant le retour à la nature. Il comprenait à l’origine une douzaine de maisons, dont la Maison de la Reine (actuellement en restauration) à l’apparence extérieure, pittoresque et champêtre, en contraste avec un décor intérieur raffiné. 

Claire Adelfang, Le Hameau de la Reine, 
Courtesy Galerie Thaddaeus Ropac, PAris/Salzbourg


« Je n’y tiens point de cour, j’y vis en particulière » disait alors la Reine en parlant de son Hameau. Claire Adelfang retranscrit photographiquement ces lieux avec la même acuité du regard qu’elle pose habituellement sur l’architecture industrielle, les écluses, les bases sous-marines. Sans céder à une vision néoromantique, elle poursuit son œuvre en esquivant tous les clichés ou toutes les narrations prévisibles, véhiculées par une forme de nostalgie liée à la poésie de la ruine non plus qu’à la splendeur de Versailles et en abordant le hameau comme un lieu d’histoires et non seulement d’Histoire : « J’ai voulu délibérément m’intéresser à l’envers du décor, celui dont les portes et l’accès sont condamnés. Ces intérieurs ne donnent aucun indice descriptif sur l’identité de ce lieu et ce que j’ai essayé de garder, c’est ce hors temps qui s’exprime tel un hors champ. J’aimerais qu’il reste la sensation paradoxale d’effacement qui ferait apparaître ce qui est menacé. Non pas décrire des lieux fantômes ou hantés mais les rendre à une présence irréelle. » Claire 

Adelfang est diplômée en 2010 de l’ENSBA de Paris. Son travail a déjà été exposé dans plusieurs institutions publiques et privées dont l’Institut Culturel Bernard Magrez à Bordeaux. Son travail photographique à été remarqué notamment pour ses nominations aux Prix Meurice 2013 et prix MasterCard 2013 tandis que sa vidéo Les Forges à fait l’objet d’une installation dans l’Oratoire du Louvre lors de la Nuit Blanche 2013.

Les photographies de cette série sont une commande de l’établissement public du musée et du domaine national de Versailles. Une sélection des photos de Claire Adelfang seront publiées sous la forme d’un portfolio dans le semestriel gratuit Les Carnets de Versailles (le n°7, avril – septembre 2015). 

Claire Adelfang, Le Hameau de la Reine, 
Courtesy Galerie Thaddaeus Ropac, PAris/Salzbourg

ENGLISH

Claire Adelfang’s photographs frequently deal with the place of architecture as a trace of human activity in spite of the paradoxical absence of any humans in it. This absence is present in the trace that her photographs leave. The Queen’s Hamlet (Le Hameau de la Reine) at Versailles is the centrepiece of this new exhibition, for which, with her profoundly calm vision, the photographer has captured the spirit of the historic place. The Queen’s Hamlet is a real village with thatched roofs inspired by hamlets in Normandy. It was ordered to be built by Marie-Antoinette just a few years before the French Revolution of 1789. She liked to stay there, far from the obligations of the court, living the simple life in harmony with the return to nature prescribed by Rousseau in his writings. 
There were originally a dozen houses, including the Queen’s House (currently undergoing restoration), which, beneath a picturesque, rustic exterior, was furnished with great refinement on the inside. 

Claire Adelfang, Le Hameau de la Reine, 
Courtesy Galerie Thaddaeus Ropac, PAris/Salzbourg

“I do not hold court there; I live as a private person” the Queen would say when she spoke of her Hamlet. Claire Adelfang has made a photographic transcript of these places with that same sharpness of vision that she usually brings to industrial architecture, locks, and submarine bases. Without giving in to a neo-romantic view in her approach to her subject, she has avoided all the clichés and the foreseeable narratives that might be conveyed by a kind of nostalgia connected with the poetry of ruins or the splendour of Versailles. She has approached the hamlet as a place with a story, not simply a place with a history: “I deliberately wanted to get involved with the other side of the picture, the side where the doors and accesses are bricked up. These interiors give absolutely no descriptive clue as to the identity of the place and what I was trying to preserve – a timeless quality, expressed, as it were, outside the shot. I would like there to remain a paradoxical sense of withdrawal, which would make what is threatened appear. Not to describe phantom places or haunted places, but to restore them to an unreal presence.” 

Claire Adelfang graduated from the Ecole des Beaux arts in Paris in 2010. Her work has already been exhibited in several public and private establishments, including the Institut Culturel Bernard Magrez, Bordeaux. Her photographic work earned nominations for the Prix Meurice 2013 and the Prix MasterCard 2013, while her video Les Forges was an installation in the Oratoire du Louvre for the “Nuit Blanche” art festival in 2013.

Claire Adelfang, Le Hameau de la Reine,
Courtesy Galerie Thaddaeus Ropac, PAris/Salzbourg

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