ART IS HOPE 2015

 ART IS HOPE est un rendez vous annuel. Une exposition réalisée grâce à 120 artistes qui ont donné une ou plusieurs oeuvres dont le bénéfice de la vente est entièrement consacrée au fond de dotation Link destiné à supporter l’action de AIDES. L’édition 2015 présente un focus sur la scène émergente européenne en dialogue avec de jeunes artistes américains.
Pour consulter le catalogue en ligne c’est ici 
Comme l’an passé, voici une sélection :

Pauline BAZIGNAN 
[ Née en 1974. Vit et travaille à Paris, France ]
La répétition, l’introspection, le rituel… Le travail de Pauline Bazignan a, depuis ses études à l’École des Beaux-Arts de Paris, pris une dimension presque spirituelle en se concentrant sur le geste incarné dans des cercles concentriques, une façon pour elle de prendre le temps de s’immerger de façon hypnotique dans la matière. La fleur est un thème récurrent pour l’artiste mais il ne s’agit pas d’une réduction narrative ou symbolique à la fleur en tant que telle mais d’une concentration sur une manifestation frappante de simplicité et de puissance. Le geste comme trace-présence dans le monde vient s’incarner dans la rugosité du papier. Il ne s’agit pas d’une poésie bucolique mais d’une force unissant une double incarnation physique et terrestre ainsi qu’aérienne et spirituelle. John Cage se demandait «s’il (existe) plus grand héros que la moindre plante qui pousse ? ». De la même façon qu’une graine contient la plante, le motif de la fleur chez Pauline Bazignan semble pouvoir contenir le monde. D’une façon un peu similaire, l’orange dénudée de son écorce frappe par sa force paradoxale. Cette fausse fragilité est un autre équilibre caractéristique de l’oeuvre de Pauline Bazignan. Passée à l’épreuve du feu, la sculpture apparaît comme une scorie du monde pour en rendre possible la renaissance. Ses œuvres ont été récemment exposées au 59e salon de Montrouge, à la Galerie Emmanuel Hervé et à la Galerie Pixi – Marie Victoire Poliakoff.

Sans titre, 2015
Mine graphite et poudre de graphite sur papier BFK Rives 76 x 56 cm
Courtesy : l’artiste et la Galerie Jean Brolly, Paris

Mathieu BONARDET 
[ Né en 1989. Vit et travaille à Paris, France ]
Chez Mathieu Bonardet, la matérialité, le poids et le mouvement s’incarnent dans le trait répétitif du geste, le poids de la main, l’étalage et le recouvrement du minerai, créant des oeuvres se situant entre le dessin et la sculpture qui émane souvent du papier. Des plaques sombres émergent qui donnent au spectateur des repères dans l’espace : où il se tient, où il regarde, où il peut aller, ou non. Le rapport à l’espace devient volume autour de soi; la distance entre l’oeil et le mur se confond dans la profondeur induite par le graphite, à la portée d’un bras tendu. Son travail n’est pas sans rappeler l’action de A Line Made by Walking (1967) de Richard Long dans la force de la répétition et l’obstination d’un geste anodin qui devient trace dans le monde. Performances, installations, dessins: Bonardet emploie des stratégies artistiques multiples pour prendre possession de l’espace. Son œuvre investit avec aisance des états du corps en suspension : le paradoxe, l’ambiguïté, la fragilité, l’équilibre. Le hasard a peu de place dans cette puissante projection mentale du monde, a priori immuable et intemporelle. Seule la discrète manifestation du corps de l’artiste par le trait et sa propre mesure vient en trahir la forme incarnée. Ses oeuvres, parfois réalisées dans une procession d’actions, convoquent la géométrie et les lignes d’horizon, prenant des formes spatiales rigoureuses. Bonardet réussit le tour de force d’allier un sens certain du minimalisme avec une grande poésie. Cette oeuvre évoque bien sûr la tectonique des plaques mais aussi, plus avant, l’intangible, la séparation, le décrochement et la rupture, traduisant le principe que toute relation induit une forme indispensable de tension.

Sans titre (curtain) 2015 Acrylique sur toile 38 x 46 cm
Courtesy : l’artiste et la Galerie Laurent Mueller, Paris

Elvire BONDUELLE 
[ Née en 1981. Vit et travaille entre la France et les États-Unis ]
Les Rotating Paintings d’Elvire Bonduelle ressemblent à première vue à des peintures minimalistes dont la référence au Hard Edge est assumée, rappelant notamment les oeuvres de Blinky Palermo ou Ellsworth Kelly. Une force plastique et spatiale s’incarne dans ses peintures avec puissance et précision tout en bousculant le fétichisme à la forme, brouillant la perception de l’oeuvre par le mouvement. Le rapport social sacré et distancié est rompu car l’artiste invite à s’emparer spontanément du tableau pour le tourner et le retourner sans fin. Le spectateur attentif se rend compte que son environnement change et, s’il n’en est pas dupe, il se rend compte que le collectionneur, le commissaire ou le galeriste lui jouent un tour. Les Rotating Paintings sont une invitation à l’appropriation, à la redéfinition des règles et à la désacralisation de la forme. Le complice devient performeur. Le protocole implicite interroge l’acuité de l’observation ainsi que le rôle de l’art, entre sublimation décorative et agitation des sens. Elvire Bonduelle consacre son travail à la recherche du bonheur. Et si celui-ci passait par le mouvement continuel ?

Éclipse, 2014
Graphite sur globe terrestre L35 x P35 x H45 cm
Courtesy : l’artiste

Caroline CORBASSON 
[ Née en 1989. Vit et travaille à Paris, France ]
Nourrie d’une longue réflexion sur la perception des phénomènes cosmologiques et leurs traductions dans l’art, Caroline Corbasson a engagé son travail de dialogue avec la science en assumant une culture humaniste issue notamment de l’Antiquité et de la Renaissance, tout en étant ancrée dans son époque, voire même avec un peu d’avance. Elle traduit par exemple des phénomènes tels que des éruptions solaires et la complexité d’accidents géologiques avec les moyens les plus simples à sa disposition : le charbon, le pigment et le graphite. «J’ai l’impression que la science gratte à la surface de quelque chose de gigantesque. Tout ce que l’on ignore, les parts d’ombre, me fascine beaucoup». Éclipse évoque une sphère qui pourrait être la Terre, une lune, ou n’importe quelle planète, astre ou l’une de ces exo-planètes dont on entend parler tous les jours mais dont on ne sait rien. Éclipse traduit justement cette quantité d’énigmes et le fait qu’il y aurait dans l’Univers plus «d’invisible que de visible». Le globe planétaire c’est aussi la tentative de recréer le monde. Sa conquête par la cartographie est ici reconstituée dans un simulacre sans distorsion mais hors d’échelle. Instrument de mesure, de calcul et de connaissance, le recouvrir de graphite c’est encore une fois signifier cette mystification du savoir et rappeler poétiquement que l’Homme a encore beaucoup à apprendre sur lui-même et l’Univers. Cela semble aussi traduire que sans le soleil, les autres étoiles et la Terre seraient plongées dans l’ombre et donc que même à l’échelle relativement monumentale ou microscopique d’une planète, les corps ont besoin les uns des autres pour exister.

Un ciel grotesque, 2015
Encre sur papier 38 x 26 cm
Courtesy : l’artiste et PSM, Berlin

Pauline CURNIER-JARDIN 
[ Née en 1980. Vit et travaille aux Pays-bas ]
L’oeuvre de Pauline Curnier-Jardin ne se laisse pas résumer à un unique champ d’expression. Son travail, souvent scénique, met en abîme le concept même de représentation : l’opulence, le pastiche, le rire, le goût, l’exaltation des corps, des formes, des couleurs et des sentiments passent par le grotesque et l’humour, comme une sorte de retournement carnavalesque. Curnier-Jardin crée des univers dans lesquels elle orchestre toutes les formes d’expressions. Elle raconte des histoires, dans un style parfois rocambolesque, dans lesquelles elle convoque, à la manière des comiques grecs de l’Antiquité, les grands enjeux culturels et sociologiques. Les chœurs, les mânes et le public semblent participer à cette dérision des drames et elle voile parfois l’humour d’un sérieux déconcertant. Excellente artiste de la performance, Pauline Curnier-Jardin crée des univers riches où se croisent vidéo, dessin, poésie, curiosité ethnographique et absurde. Grande voyageuse, c’est entre la scène et la vidéo qu’elle plante ses univers transgressifs et drôles qui interrogent souvent l’image des héroïnes antiques et modernes. Le discours tient une place essentielle dans son travail et cela explique aussi l’expressivité dont ses dessins sont marqués : ils sont acteurs d’une démonstration puissante et visuelle. Elle distord les images, les typologies et crée de nouvelles formes de discours qui, sous des formes esthétiques pseudo-naïves, sont pourtant bien aiguisés.


All I Wanna Do For You, 2015 Acrylique sur toile 40 x 40 cm Courtesy : l’artiste, 1000 €

Paul DeFLORIAN 
[ Né en 1980. Vit et travaille à Berlin, Allemagne ]
Ancien élève de la Wiener Akademie, Paul DeFlorian s’intéresse à la question de la peinture comme structure de pouvoir. L’individu tient une place particulière dans son travail dans lequel il alterne spray, laque, graffiti et dessin. Engagé dans un véritable processus de reconstruction de la peinture, il ne cherche pas à dissimuler le sujet ni à tromper le regard. La sexualité joue un rôle conscient et assumé dans l’oeuvre de Paul DeFlorian, encourageant l’échange et la prise de conscience identitaire. Privés de regard, les hommes de la série de peintures dont est tirée All I Wanna Do For You sont dans une position paradoxale de soumission ou d’attente, parodiant parfois la position du portrait classique. L’absence des yeux interdit l’échange de l’intelligence et des sentiments, objectivant ainsi le corps. À travers la nudité de ses modèles et la lascivité de leur comportement, il joue avec la convoitise des regards stéréotypés et du voyeurisme patent.

Ohne Titel, 2014
Crayon de couleur et collage photo sur papier 30 x 39,6 cm
Courtesy : l’artiste et la Galerie Sabine Knust Munich

Philipp FÜRHOFER 
[ Né en 1982. Vit et travaille à Berlin, Allemagne ]
Formé à l’Universität der Künste de Berlin, Fürhofer s’est déjà fait connaître pour son travail de sculpteur mais aussi de peintre et de scénographe alliant ces disciplines sur plusieurs scènes d’opéras. Les spectacles qu’il a réalisé ont en commun avec ses oeuvres plastiques une grande place accordée à la lumière et à la révélation du subtile jeu qu’elle occupe dans la définition de l’espace, dévoilant son rôle d’actrice principale manipulatrice du récit. C’est par ce procédé que le subtile collage présenté ici est dominé par les couleurs dont les zones d’ombres ou les flamboyances construisent et semblent même orchestrer l’histoire. Dans le registre de l’explosion ou de la coulure il prolonge les couleurs de découpages publicitaires, fragments de communication émanant de la grande distribution, symboles même du consumérisme, en leur donnant, selon l’interprétation, une certaine joie de vivre ou en en dévoilant les débordements. S’agit-il ici de dénaturer ces informations et de donner une dimension décorative aux débris d’un paradis consumériste qui ne semble plus convaincre ? Quelle que soit la signification de la composition, le système semble s’enflammer en plein vol et la couleur tient ici le premier rôle de ce qui relève plus du registre de Melpomène que de Thalie.

Robe (atlas), 2015
Atlas découpés et barre de laiton 51,5 x 83 cm
Courtesy : l’artiste et Almine Rech Gallery Paris

Tarik KISWANSON 
[ Né en 1986. Vit et travaille à Paris, France ] Le travail de Tarik Kiswanson s’intéresse aux contours de ce que l’on désigne traditionnellement et par commodité par sculpture. La manipulation de la matière tient ici un rôle primordial – on peut vraiment parler de processus de création – tandis que l’objet tente avec force d’échapper à toute réduction catégorielle. Si la carte en tant qu’objet est régulièrement employée par les artistes comme projection mentale d’un ailleurs qu’ils peuvent aisément manipuler, Tarik Kiswanson décide de sculpter le papier comme il perce ses grandes feuilles de métal. Cette négation de la distance géographique et de toute tentative de marquage et de définition du monde trouve à l’heure actuelle un écho géopolitique vibrant. L’absence et la disparition exhibent avec franchise le fragment restant qui devient oeuvre. La superposition des feuillets pliés semble simuler cette indexation du monde tout en actant un renoncement à le comprendre, à le définir. Par un jeu d’ouvertures physiques, d’éventrations graphiques, de vides et de pleins, de préemptions et de résidus, il brouille volontairement les contours de ce qui serait dessin, collage ou encore sculpture murale. Si ses oeuvres tendent à redéfinir, ou tout du moins brouiller une frontière caduque et stérile entre l’art et le design, elles frappent aussi par leur présence immédiate et intrigante.

Heliopolis, 2015
Tirage Couleur Édition de 5 + 2 É.A. 36 x 60 cm
Courtesy : l’artiste

Romain KRONENBERG [ Né en 1975 ]
« À Heliopolis, deux communautés se sont rassemblées à l’appel du Mythe des troubles climatiques : toute vie à l’extérieur de la cité abandonnée, devenue refuge, est désormais impossible. La vie s’y organise d’abord dans un élan idéalement organique bientôt mis en péril par le réflexe d’une organisation redevenue statique ». Heliopolis est une photographie emblématique issue d’un film réalisé par Romain Kronenberg à Mardin en Turquie. Quatre individus turcs et kurdes se retrouvent dans cette ville encore en chantier et évoquent, sous la forme d’un dialogue métaphorique, cette ville imaginaire. Poétique et humaniste, l’oeuvre de Romain Kronenberg ne se laisse pas réduire à un militantisme politique spécifique mais célèbre bien au-delà l’union de l’homme et de son environnement. Ses études à la faculté de théologie protestante puis au Conservatoire Supérieur de musique de Genève ont constitué les racines d’un travail profondément inspiré. Lors de ses résidences à l’IRCAM, au Palais de Tokyo ou encore à la Villa Kujoyama au Japon, Kronenberg produit des oeuvres, souvent sous la forme de collaborations, qui, dans l’esprit de la vidéo Heliopolis, refusent toute forme d’enfermement territorial et identitaire. Il cherche au contraire à stimuler la richesse intrinsèque des oeuvres et le regard et l’esprit du spectateur en décloisonnant tous les champs d’interprétation. Heliopolis représente parfaitement une oeuvre en quête de simplicité, d’élévation mentale voire spirituelle, d’écoute et d’amplification des sens.

Roi sous les étoiles 2015 Graphite recto verso sur calque 180g 50 x 70 cm
Courtesy : l’artiste

Frédéric MALETTE 
[ Né en 1978. Vit et travaille à Nantes, France ] Partant d’une feuille de calque, l’artiste travaille les deux surfaces de l’oeuvre et joue des transparences, des successions d’images, de l’illusion et de la dissimulation. Ce jeu, qui pourrait être une définition de la politique elle-même, prend toute son ironie dans le titre même de certaines séries comme celle dédiée au roman de Jean Gireaudoux La Guerre de Troie n’aura pas lieu. Il superpose à un dessin méticuleux des traits mouvementés dans une logique de superposition stylistique, comme une sorte d’oxymore visuel destiné à séduire, à provoquer le spectateur mais aussi à le plonger dans cette violence sourde contenue dans la page et dans le sujet. De la tragédie grecque, Malette convoque l’histoire, la politique, la grandeur du destin. Un dessin libre vient perturber l’élégance classique du buste, y agrégeant l’aléatoire de l’organique, de la vie, du pouvoir et du sexe. L’histoire dans l’Histoire, le tragique du geste. Roi sous les étoiles, titre du dessin, semble témoigner du rapport que les puissants entretenaient avec les divinités et les forces de la nature, des rois divinement investis aux héros de l’Olympe devenus dieux une fois leurs travaux achevés. Le corps fragile témoigne cependant de la fragilité de l’enveloppe corporelle. Le fil d’un destin est si facile à rompre.

Pièce Dérivée #14 2015 Acrylique et collage sur xerox 25 x 33,6 cm
Courtesy : l’artiste et la Galerie Thaddaeus Ropac Paris-Salzbourg

Nick OBERTHALER 
[ Né en 1981. Vit et travaille à Vienne, Autriche ] Pièce dérivée est un titre-valise choisi intentionnellement en français par l’artiste afin de jouer avec les différentes acceptions des mots. L’idée même de la pièce convoque l’espace autant que la dimension physique de l’incarnation de l’œuvre aux murs et dans les vitrines tout en rendant hommage à leur forme d’objet. Pièce peut tout autant se référer au morceau musical qui existe à la fois sur la partition et dans l’instant même, abstrait et fugace du moment où il prend vie par le son. Dérivé complète cette vision que l’artiste porte actuellement sur la question même de l’œuvre d’art. Orchestrant des récupérations de fragments, d’éléments, Oberthaler joue avec la notion même de la dérivation au sens de la manipulation, mais aussi de la dérive en tant que déplacement sans but, sans objet. Les découpages des éléments et des formes de Nick Oberthaler sont une invitation à la réinterprétation et à l’acceptation des réalisations artistiques passés. De l’échelle microscopique du fragment coloré de papier à l’échelle macroscopique du mur prélevé, chaque élément a la même valeur de représentation du monde. L’œuvre de Nick Oberthaler est un détachement, une question d’échelle, une façon de concevoir l’univers comme l’orchestration de fragments et la sensibilité du regard. Le travail de Nick Oberthaler – formé à l’Akademie der bildenden Künste Wien et à l’École supérieure des Beaux-Arts de Genève – a récemment fait l’objet d’expositions au Centre d’Art Bastille de Grenoble (The Blackbird must be flying, avec Thomas Julier) simultanément à une expo- sition personnelle (Calculated Reserve) au Museo Hendrik Christian Andersen/Galleria nazionale d’arte moderna à Rome. Il a également participé à l’exposition RIDEAUX/blinds, à l’IAC de Villeurbanne.

AIDS, 2012
Sérigraphie sur papier Édition 42/100 70 x 70 cm
Courtesy : l’artiste et la Galerie BWA, Varsovie

Karol RADZISZEWSKI 
[ Né en 1980. Vit et travaille à Varsovie, Pologne ]
Karol Radziszewski est un artiste-performeur polonais connu pour son activisme militant. Prenant la forme d’actions, d’installations, de vidéos, ce diplômé de l’Académie des Beaux-Arts de Varsovie est aussi particulièrement actif avec la revue DIK-Fagazine dont il est rédacteur en chef. La référence à la période AIDS (1989-1994) de Général Idea (collectif composé en 1969 de AA Bronson, Felix Partz et Jorge Zontal) est le prétexte pour créer un court-circuit entre leur pratique subversive et le projet de Radziszewski intitulé Kisieland (2009 à aujourd’hui). Ce projet exploite les documents d’archives de Ryszard Kisiel, la personnalité qui se cache derrière FILO, premier gay-zine légendaire d’Europe centrale redécouvert par l’artiste. Ces rares documents consistent notamment en diapositives couleurs qui représentent un témoignage unique de la Pologne underground et gay des années 80 touchée par le SIDA. Ces matériaux d’archive on été créés par Kisiel entre 1985 et 1986, années pendant lesquelles la campagne de la milice polonaise homophobe «Akcja Hiacynt» sévissait grâce à une police secrète fichant les homosexuels. Tous ces documents et interview, dont un film créé par l’artiste, sont juxtaposés dans une stratégie d’appropriation diffusée sous la forme de multiples, prints, peintures, papiers peints et autres supports. L’oeuvre proposée pour ART IS HOPE est une édition tirée d’un papier peint. Son travail a été exposé, entre autres, au Musée d’Art Moderne de Varsovie, au Musée d’art de Lodz, au New Museum de New York, à la Kunsthalle de Vienne ou encore lors de la Biennale Performa 13 à New York.

2/1 au 3/2, 2015
Peinture et ciment sur plaque de plâtre 45 x 125 x 1 cm
Courtesy : l’artiste et la Galerie Slowtrack, Madrid

Mateo REVILLO IMBERNON
[ Né en 1993. Vit et travaille à Madrid, Espagne ]
Le travail de Mateo Revillo Imbernon explore la pertinence d’une jonction entre la peinture, la sculpture et l’architecture. Recourant principalement à des matériaux de constructions, il réfléchit au statut de la peinture dans son rapport à l’architecture et à ses méthodes. La domination du tableau en peinture est au coeur de son travail, dans le principe d’une représentation au-delà de la tradition d’une fenêtre sur le monde. Ses tableaux sont une présence en soi qui bousculent notre espace physique et mental. L’angle droit, selon l’artiste, conditionne la peinture à concentrer sur elle-même la composition, dans une dynamique forcée vers l’intérieur. L’angle obtus vient perturber le mur et ainsi l’espace même du spectateur, dans un rapport de forces qui trahit des processus physiques de perception plus seulement visuels. En modifiant le principe de la géométrie du tableau et en recourant à une peinture abstraite linéaire mais dégagée du signe, il modifie subtilement les codes de la peinture tout en lui rendant hommage. L’espace devient la marge de la peinture dans un dialogue avec l’architecture qui défie le rejet moderniste des principes ornementaux tout en lui substituant une peinture qui recoure à ses propres matériaux. En peintre, il défie ainsi l’architecture avec ses propres armes. Mateo Revillo Imbernon est diplômé de la Ruskin School of Art. Après ses études à l’Université d’Oxford et de nombreuses expositions collectives au Royaume-Uni, il vient de s’établir à Madrid, sa ville natale, où il prépare notamment sa première exposition monographique en galerie.

Pléiades inversées, 2015
Tirage jet d’encre sur papier satiné Ilford, passe-partout Pièce unique
70 x 58 cm

Courtesy : les artistes

SOLOMOUKHA & CODELUPPI – Kristina SOLOMOUKHA & Paolo CODELUPPI 
[ Nés en 1971 et 1974. Vivent et travaillent à Bagnolet, France ]
Kristina Solomoukha et Paolo Codeluppi collaborent depuis quatre ans. Leur recherche com- mune est tournée vers l’archéologie, l’anthropologie, la lecture et la perception de l’Histoire. Leurs œuvres ont été récemment présentées au CNES lors de la Nuit blanche 2015, à la galerie Contexts à Paris, au Frac Poitou-Charentes (site Linazay) et au centre d’art contemporain de Montreuil le 116. Leurs vidéos ont été présentées au Musée de la ville de Moscou en Russie, au Closer Espace d’expositions à Kiev en Ukraine et au festival de cinéma FID Marseille. Pléiades inversées est le fruit de leur réflexion autour d’un mythe des indiens des grandes plaines du Dakota du Sud, dans le Wyoming. Point de repère pour de nombreuses civilisations, ces étoiles servaient à la navigation mais aussi comme repère pour la saison des semailles et des moissons. Pendant deux ans, Solomoukha et Codeluppi ont exploré différents mythes, notamment celui des Pléiades depuis l’Antiquité et dans différentes cultures dont la Rome Antique, l’Égypte puis l’Amérique du Nord. Cette façon de considérer comment une histoire peut convoquer des corps aussi vastes que les astres, la voûte céleste et d’autres mondes, et faire un grand écart entre l’infiniment grand et l’infiniment petit les fascine. Pléiades inversées regarde de l’autre côté de l’hypothèse, propose un autre point de vue. C’est ainsi qu’ils mettent en évidence la façon dont ces mythes parlent autant des relations entre les humains que de la manière dont on conte ces histoires et leur interprétation.

Mask, 2015
Feuille d’or sur feuille Pièce unique L5 x H20 x P3 cm
Courtesy : l’artiste et Mendes Wood Rio de Janeiro

Daniel STEEGMANN MANGRANÉ 
[ Né en 1977. Vit et travaille à Rio-de-Janeiro, Brésil ]
À l’instar d’autres séries d’oeuvres de l’artiste catalan établit à Rio-de-Janeiro, Masks fait référence à la culture amérindienne et témoigne avec délicatesse et force des enjeux et paradoxes de la relation de l’homme à son environnement naturel. Le geste de prélèvement dans la nature d’une feuille d’arbre témoigne avec poésie de l’incarnation des cycles des saisons, de l’intemporel dans le périssable et de la vie dans son apparente éternité par le recyclage naturel. L’or quant à lui incarne l’absolu de la dévotion culturelle pour le symbole et sa force, le soleil, les divinités, l’argent. Mais dans Masks, la force graphique et organique de la feuille résiste à cette réduction. Médicinales, empoisonnées, elles peuvent être utilisées pour la chasse et les soins. Il s’agit de plantes fondamentales pour les amérindiens dans le contexte de leur propre survivance. Steegmann Mangrané explore également la biodiversité de la foret brésilienne Mata Atlântica victime de la déforestation et emploie souvent la nature comme échelle de mesure. Il s’en sert pour interroger les évolutions de la société humaine dans son développement économique et culturel, sa relation à la nature et les formes modernes de l’héritage de l’expansion coloniale. Internationalement reconnu, son travail a été présenté en France au CRAC Alsace en 2014.

L-A-T Project 2015 Collage 65 x 50 cm
Courtesy : l’artiste

Marc TURLAN 
[ Né en 1969. Vit et travaille à Paris et Hyères, France ]
Dans ses collages et coutures photographiques, Marc Turlan déconstruit les codes esthétiques de notre époque pour en réinventer de nouveaux. La circulations des images, la diffusion des icônes modernes, la perception du corps et la définition des normalités sont au coeur de son travail. Dans cette dernière série intitulée Love – Art – Truth, Marc Turlan coud sur les images, force les associations mentales, déplace les grilles de lecture pour mettre en évidence ces codes qui nous imprègnent et dont nous devenons les porteurs inconscients. Ces trois mots, Amour – Art – Vérité, deviennent les trois piliers d’un monde idéal que propose Marc Turlan, une nouvelle trinité ou encore une solution pour atteindre un meilleur monde. De la même façon que l’esprit du temps induit un déplacement du regard porté sur une image, les mots changent en fonction du temps et du contexte. Chaque oeuvre de cette série semble répondre à sa façon car l’artiste interroge aussi le sens des mots dans leur contexte contemporain.

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