Florian Viel

Life is not a Beach. Ou peut-être que si. Les non anglophones ne percevront pas l’homophonie qui laisse entendre que la vie n’est pas seulement une plage de sable fin, mais qu’elle est surtout une capricieuse en embuscade, prête à nous offrir le meilleur comme le pire, mais toujours par surprise… surtout le pire. 
La relation entre cette expression et l’aspect jovial et accueillant de l’installation de Florian Viel est à la mesure des décalages dont il nourrit son travail. La liane en plastique et la plage, rêves synthétisés, sont devenus les tropes fumeux de l’artificialité du tropicalisme, qui, par ignorance, fainéantise de vérifier soi-même et le confort de se contenter des récits amène l’individu à renoncer à chercher l’idéal. Une déconstruction qui a conduit Florian Viel à réaliser un musée de l’Ananas transposant les expériences de Broothaers dans l’univers artificiel et colorée, interrogeant au passage les problématiques de la scénographie et la relation entre l’objet d’art et son environnement.
Claude Levi-Strauss disait des symboles, « (qu’ils) n’ont pas une signification intrinsèque et invariable ; ils ne sont pas autonomes vis-à-vis du contexte. Leur signification est d’abord de position. » C’est ce que Florian Viel démontre avec les propres armes de l’ethnologie, ce qui l’a d’ailleurs conduit à interroger notamment l’usage de la plante dans l’art contemporain. Car ses œuvres appartiennent souvent à une narration complexe, un scénario dont la puissance narrative tient à cette complexité sémantique de la couleur, de l’accumulation, des contrastes de la matière, y ajoutant parfois du son ou même des odeurs.
Une île déserte ? Pourquoi pas. Mais qu’irait-on faire sur une île déserte ? Florian Viel revient volontiers à l’ananas, qui fit rêver les premiers colons croyant avoir retrouvé le fruit du paradis perdu, jusqu’au moment où ils comprirent que ce fruit accompagnait très bien la viande humaine. Par ignorance on ne se rend pas même compte que le rêve devient l’enfer, quand on ne sait plus le reconnaître… Life is a beach

Texte du catalogue du 61eme salon de Montrouge

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