Et in Arcadia… Ugo Schiavi au MBA d’Orléans

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Le Musée des Beaux-arts d’Orléans propose une exposition dédiée au fragment et ce projet prendra place en deux temps, en deux actes, qui permettront de valoriser les collections de la ville d’Orléans, tout en enrichissant son histoire d’un dialogue avec la sculpture contemporaines.

Le titre, « Et in Arcadia… » s’inspire d’une énigme picturale posée par le peintre Nicolas Poussin (1594 – 1665) dans l’un de ses tableaux les plus célèbre, « Les Bergers d’Arcadie », peint vers 1638 et aujourd’hui conservé au Musée du Louvre. Plusieurs bergers observent la phrase gravée « Et in Arcadia ego » (Je suis en Arcadie). Cette phrase, abondamment commentée, évoque la présence de la mort en Arcadie, terre du Péloponnèse que la poésie a, depuis l’Antiquité, érigé en paradis utopique et idyllique. La présence de la mort est un memento mori et certaines interprétations contemporaines de ce tableau invoquent l’Art comme une arme destinée à contrer cette invincibilité de la mort. Comme le dévoilera l’exposition du musée des Beaux-arts, chacun des fragments conservés dans ses collections ainsi que les œuvres d’Ugo Schiavi agissent comme autant de memento mori, conférant à cette double exposition la valeur d’un voyage tant philosophique que temporel.

#Acte 2 : Carte blanche à UGO SCHIAVI

13 avril – 13 juillet 2019

Depuis qu’il est sorti diplômé de la Villa Arson à Nice, Ugo Schiavi s’approprie les sculptures de l’espace public qu’il saisit grâce à l’empreinte et au moulage, piégeant au passage des fragments du corps de complices et figeant ainsi le monument et le vivant dans des œuvres fragmentaires et saisissantes. De retour à l’atelier, il coule et arrange ces emprunts dans du béton, créant des sculptures à la fois autonomes mais vibrantes, sa technique du moulage lui permettant d’obtenir des effets de matière d’une grande fidélité. La dernière Nuit Blanche à Paris a consacré ce jeune sculpteur en lui permettant d’intervenir sur la statuaire publique, en l’occurence avec « Le Triomphe de la République » de Jules Dalou sur la place de la Nation, qu’il a pu disposer de façon fragmentaire et spectaculaire sur la place de l’Hôtel de Ville. La proposition de l’artiste pour cette première exposition monographique dans une institution française, est de permettre à sa pratique d’entrer en dialogue et de valoriser les collections fragmentaires du Musée des Beaux-arts d’Orléans.

« Et in Arcadia… » Ugo Schiavi (c)M. Lelièvre

Une partie des œuvres présentées dans l’acte I ont inspiré l’artiste et intégreront la scénographie du second volet, créant un dialogue passionnant avec son art réalisé bien souvent dans la rue.

Ugo Schiavi présentera plusieurs séries d’oeuvres dont ses fameux Looters réalisés avec son comparse Thomas Teur- lai, des rouleaux de graffitis arrachés des murs de la même façon que les vandales ont pu en leur temps déposer des fresques antiques. Ces rouleaux recomposés sont une mise en abyme spectaculaire dans un musée des Beaux-arts dont les réserves contiennent souvent des trésors qui dorment enroulés.

Plusieurs pièces empruntées à des collections privées ou provenant directement de l’atelier de l’artiste ont été choisies pour constituer un dialogue captivant avec certaines pièces de la collection. Des bustes, des sculptures tirées d’oeuvres antiques ou des éléments d’architecture du XVIème siècle vont composer un dialogue sur les formes, la conservation, la beauté des formes et l’intemporalité de certaines sources d’inspiration.

« Et in Arcadia… » Ugo Schiavi (c)M. Lelièvre

Enfin, un troisième chapitre présentera des œuvres monu- mentales d’Ugo Schiavi, en dialogue notamment avec de nouvelles œuvres réalisées directement à partir des collections du Musée des Beaux-arts d’Orléans. Renouant avec la mission première d’un des plus anciens musées de province, fondé en 1797, soit quelques années seulement après le Mu- séeum central des arts, devenu Musée du Louvre, les collec- tions sont toujours une source d’inspiration pour les artistes et cette collection spectaculaire de fragments est une source inépuisable de références, même si ces biens culturels posent des questions fondamentales de monstration et de valorisa- tion aux musées. Ce projet d’exposition est à la fois le regard d’un artiste sur cette extraordinaire collection, une présen- tation de sa pratique artistique mais aussi le développement d’un dialogue entre une pratique contemporaine et ces biens culturels inestimables, bien que complexes à appréhender, mettant en abyme la définition d’une certaine archéologie du présent.

« Et in Arcadia… » Ugo Schiavi (c)M. Lelièvre

« Et in Arcadia… » Ugo Schiavi (c)M. Lelièvre